Speech - guest speaker:Mr. Frank Zampino, chairman of the Executive committee, City of MontrealRÉUSSIR MONTRÉAL, UNE OBLIGATION COLLECTIVE DE RÉSULTATS (in French only)

Share:
Print

Added on 5 December 2002 in Speeches


Speech given by Mr. Frank Zampino
Chairman of the Executive committee, City of Montreal
(as delivered)

December 5, 2002

RÉUSSIR MONTRÉAL, UNE OBLIGATION COLLECTIVE DE RÉSULTATS

M. le maire,
M. le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain,
Distingués invités de la table d'honneur,
Chers collègues élus,
Membres de la Chambre,
Mesdames et messieurs,

Je voudrais d'abord remercier la Chambre de son invitation à partager cette tribune prestigieuse.

Monsieur le Président, vous posiez la question dans l'éditorial de votre bulletin de décembre 2002 : À quand la présentation d'un budget municipal…plus excitant ? Plus excitant, c'est-à-dire qui soit davantage sources d'expectative et de spéculation comme peuvent l'être d'autres exercices budgétaires. Je ne saurais répondre à cette question.

Si l'exercice 2003 ne détient pas encore le côté excitant souhaité par la Chambre, je peux par contre vous confirmer que, dans le contexte et les paramètres actuels, le processus conduisant à sa préparation fut plutôt complexe et exigeant.

Je sais que les membres de la Chambre de commerce comprennent bien les difficultés qui sont les nôtres dans la préparation du budget. Parce que vous connaissez bien le contenu du coffre à outils dont je dispose actuellement et parce que vous avez une bonne compréhension des problématiques financières de notre ville.

C'est avec beaucoup d'enthousiasme et un grand intérêt que j'ai accepté l'invitation de venir échanger ce midi avec les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Un grand intérêt parce qu'il demeure primordial de parler aux Montréalaises et aux Montréalais de la situation financière de leur nouvelle ville, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Après tout, c'est leur ville, Notre ville. Et il faut dire les vraies choses.

Un grand intérêt parce que je m'adresse cette année à une communauté d'affaires qui fait siens l'ensemble des grands enjeux de Montréal et du Montréal métropolitain.

L'importance qu'attache la Chambre de commerce à la ville et à la région de Montréal dans ses prises de position de même que votre compréhension des enjeux constituent une excellente nouvelle pour Montréal et le Montréal métropolitain. Et j'en profite pour saluer votre courage collectif et votre vision dans ce processus de réactualisation de la Chambre.

Les diverses allocutions du maire de Montréal, M. Gérald Tremblay, ainsi que celles très récentes des maires de Laval et de Longueuil, vous ont permis de constater l'atteinte d'un nouveau consensus municipal et métropolitain sur le sens et la portée des représentations à faire.

La Chambre vient d'y ajouter sa voix en présentant, avant hier, des recommandations pour augmenter les moyens financiers des municipalités. Ces propositions se retrouveront dans les soumissions pré-budgétaires que la Chambre entend déposer aux gouvernements du Québec et du Canada.

On doit se réjouir de ce concert d'unanimité pour réclamer de nos gouvernements, des mesures concrètes afin d'accélérer le développement de Montréal et du Montréal métropolitain.

Mobilisés autour d'objectifs partagés et de revendications communes, l'exercice budgétaire 2004 pourrait s'avérer de fait, comme le souhaite le président de la Chambre, un exercice plus excitant. Donnons-nous collectivement les outils; je vous promets pour ma part, année après année, une bonne dose d'excitation !

***

Vous êtes conscients que la nouvelle ville de Montréal célébrera son premier anniversaire le 1er janvier 2003. Avant de vous parler des faits saillants du budget, il me semblait opportun de vous donner des nouvelles de votre nouveau-née, Votre ville. De vous résumer rapidement, après 11 mois, son bulletin de santé.

En fait, elle se développe bien. Elle apprend lentement, mais sûrement, à marcher. Je pressens déjà qu'elle est promise à un brillant avenir !

À la condition toutefois que nous en prenions collectivement grand soin et que nous adaptions nos comportements et nos actions pour appuyer et soutenir le développement de son plein
potentiel.

En novembre 2001, l'équipe de Gérald Tremblay était appelée à former le premier conseil municipal, forte de son engagement durant la campagne électorale, de bâtir la nouvelle ville de Montréal. Je faisais pleinement mien cet engagement. Et notre administration a largement respecté celui-ci.

Loin de l'appréhension d'une catastrophe, nous avons su relever avec mention le défi d'assurer un passage souple et d'offrir à la population les services auxquels elle est en droit de s'attendre.

Sans dresser un bilan complet des réalisations de l'année qui s'achève, voici quelques faits saillants.

Grâce au travail acharné de tous les employés de la ville, tant des employés cadres que des employés syndiqués, et cela sous l'habile direction de notre directeur général, M. Guy Coulombe, la mise en place de l'ensemble des structures organisationnelles a été complétée dans un délai plus que raisonnable. Les 27 arrondissements sont fonctionnels et offrent des services de proximité de qualité à la population.

On s'est impliqués dans tous les domaines de l'intervention municipale. Pour ne citer que quelques exemples, mentionnons l'implantation d'un tarif réduit pour les étudiants de 25 ans et moins à la Société de transport de Montréal, la création d'un poste d'Ombudsman, la création du Conseil du patrimoine de Montréal, la mise sur pied de l'Office de consultation publique, la création de la Société du Havre, la mise sur pied de la Commission jeunesse de Montréal, l'Opération Solidarité 5000 logements, le projet de modernisation de la rue Notre-Dame dans l'est de la ville, et j'en passe.

Par ailleurs, des efforts considérables de tous les services ainsi qu'une croissance des revenus ont permis de dégager un surplus anticipé de près de 60 millions $ au 30 septembre 2002. Il faut ce qu'il faut, même «gratter les fonds de tiroirs» .

Nous avons également entrepris le plus important exercice de planification collective de l'histoire de l'île.

Rendez-vous historique, le Sommet de Montréal a permis de faire participer les Montréalaises et les Montréalais à la définition de la personnalité de leur nouvelle ville et surtout d'envisager son avenir sous le même angle, celui du succès de Montréal.

Malgré le chemin parcouru, le visage de notre ville, son organisation et son fonctionnement n'ont évidemment pas pris leurs traits définitifs. Vous aurez compris que nous n'en sommes qu'aux premiers pas d'une aventure passionnante. Plusieurs autres défis de taille nous attendent au cours des prochaines années.

Mais en moins d'un an, nous avons su poser les fondations de la nouvelle ville. Des fondations sur lesquelles nous entendons ériger une ville compétitive et concurrentielle, créant plus de richesse, répartissant mieux cette richesse et offrant aux citoyens une qualité de vie toujours croissante.

Tout ce processus d'édification de Montréal ne se fait pas de façon isolée ou dans le confort et la tranquillité du foyer. Il s'inscrit dans la dynamique et l'agitation d'un tout nouveau paysage métropolitain.

Créée le 1er janvier 2001 et présidée aujourd'hui par notre maire, M. Gérald Tremblay, la Communauté métropolitaine de Montréal impose aujourd'hui un tout nouveau cadre de gestion, où il ne suffit plus de penser localement mais penser désormais en termes de région métropolitaine et de leadership partagé. Il faut aujourd'hui mesurer la performance de Montréal et du Montréal métropolitain dans leur véritable environnement concurrentiel, l'Amérique du Nord et le monde et non pas strictement le Québec et le Canada. Les élus, tout comme vous, doivent aujourd'hui réviser le tir et procéder à plusieurs adaptations.

Let's be clear. The triumph of the new City of Montreal will inevitably be a culmination of the success of the metropolitan area and its partner municipalities.
We must not overlook the undeniable influence of Montreal on the development of all these municipalities. Montreal remains the heart and the economic force of the region.

To live up to the expectations of its metropolitan partners and exercise the leadership required as a megacity, Montreal cannot be weak, disorganized, poorly equipped or choked by debt and a lack of fiscal flexibility. A young city, the new Montreal must nonetheless face its environment and adopt, even if it may seem premature, mature adult behaviour.

Voilà brièvement le portrait de la situation. Ça occupe une première année de mandat, je vous l'assure.

***

Ces transformations structurantes du paysage municipal et métropolitain nous appellent tous à de grandes et nécessaires adaptations dans nos façons de penser, d'agir et de faire. Et ce n'est pas évident, croyez-moi.

J'ai dû moi-même, comme plusieurs, procéder à quelques adaptations.

Premièrement, je suis membre aujourd'hui d'un nouveau conseil municipal : celui de la nouvelle ville de Montréal, la métropole du Québec. Et je suis fier d'en être.

Deuxièmement, j'étais conscient de l'importance nouvelle du poste de Président du Comité exécutif au sein de la nouvelle ville et déterminé à relever le défi.

Troisièmement, même si j'ai derrière moi une longue expérience municipale, ayant été conseiller puis maire de Saint-Léonard, et bien qu'ayant occupé plusieurs postes de responsabilités de gestion au sein de la Société de transport et de l'ex-Communauté urbaine de Montréal,
je pouvais difficilement connaître aussi bien la nouvelle ville de Montréal. Peu d'ailleurs peuvent prétendre aujourd'hui bien la connaître. Pourquoi ?

Disons-le franchement,même si on pouvait bien connaître certaines de ses composantes actuelles, qu'en est-t-il du tout qu'elles forment? Montréal est une toute nouvelle ville, une ville dont la jeunesse ne permet pas encore d'en caractériser toute la personnalité pour en assurer le plein potentiel. Montréal n'a pas révélé sa véritable personnalité. Elle est en devenir.

Finalement, et de façon plus importante encore, j'ai toujours cru, qu'il faut «apprendre à marcher avant de courir, s'informer avant de déclarer, s'approprier avant d'aligner des stratégies et des plans d'action» .

L'année 2002, je l'ai largement consacrée, comme tous mes collègues :

  • à mieux saisir les réalités et les besoins de la nouvelle ville, ses modes d'organisation et de fonctionnement;
  • à dresser un portrait des opportunités de consolidation ou de rationalisation de moyen terme;
  • à cerner les principaux grands enjeux qui la confrontent tant au niveau local que métropolitain;
  • et notamment, vous l'aurez compris, à cerner ses principaux enjeux budgétaires et financiers.

À proprement parler, le budget 2003 représente le premier budget de notre administration depuis la mise en place de la nouvelle ville. Le budget 2002, on se souviendra, portait la signature du Comité de transition.

S'il porte aujourd'hui notre signature, il fut élaboré avec le même coffre à outils.

La taxe foncière est-elle encore le seul outil adapté à nos nouvelles obligations métropolitaines et municipales ?

La réponse, c'est NON.

Doit-on élargir le champs de l'impôt foncier ?

La réponse, c'est NON.

Avons-nous la marge de manœuvre pour financer nos responsabilités métropolitaines et municipales ?

La réponse, c'est toujours NON.

Avons-nous les sources de revenus de croissance qui tiennent compte des enjeux et des défis de Montréal et de la région métropolitaine ?

Poser la question, c'est y répondre.

Il ne faut pas fermer les yeux. La création de la nouvelle ville de Montréal n'a pas résolu les problématiques maintes fois dénoncées dans le passé. Montréal n'a pas reçu, comme cadeau de naissance au 1er janvier 2002, une machine à imprimer de l'argent. Montréal ne dispose d'aucune marge de manœuvre et ses revenus souffrent toujours d'un manque de diversité.

Après cette année, (appelons-la amicalement «d'appropriation»), je la sens et la visualise de plus en plus, Notre ville. Si j'ai le privilège d'accompagner ses premiers pas, je l'imagine parfois, à l'adolescence ou jeune adulte.

C'est pourquoi je nous invite aujourd'hui à monter la barre. Il ne suffit plus d' «Oser Montréal»  ou de «Faire marcher Montréal».

Nous avons dès aujourd'hui l'obligation de «Réussir Montréal» . Et cela, pour l'ensemble du Québec et de l'agglomération métropolitaine.

«Réussir Montréal»

Ce n'est pas regarder l'avenir par le rétroviseur. C'est s'engager résolument à construire une ville d'avenir, ayant pour seul objectif, de hisser Montréal dans le peloton de tête des grandes métropoles nord-américaines; d'en faire une cité du monde prospère et compétitive et un milieu de vie stimulant et innovateur.

«Réussir Montréal»

C'est agir aujourd'hui pour les générations futures. On ne peut plus seulement se limiter à dresser des constats ou à retarder les échéances. Il faut trouver des solutions durables pour concrétiser cet avenir prometteur. D'autant plus que Réussir Montréal, c'est Réussir le Montréal métropolitain et le Québec de demain.

«Réussir Montréal» ne sera pas uniquement l'œuvre de votre administration municipale. Réussir Montréal nous interpelle tous. Nous avons ici, comme communauté, comme société, une responsabilité et une obligation collective de résultats.

Montréal, ce sont bien sûr ses 27 arrondissements, avec leur histoire, leur patrimoine et leurs richesses. Par ailleurs, et je le souligne à nouveau, Montréal, la ville, demeure à concevoir, à développer et à créer.

«Réussir Montréal», c'est aussi changer de discours et se donner les moyens pour changer la donne. Il faut retrousser nos manches, se mobiliser et s'engager avec rigueur, efficacité et empressement. Fini les constats de malheur, de désolation, d'impuissance. Fini les pèlerinages périodiques à Québec.  Montréal doit trouver le sentier paisible de l'autonomie financière.
Dans les faits, le véritable enjeu, ici, est de doter Montréal des outils et des leviers pour la propulser dans le peloton de tête des grandes agglomérations nord-américaines.

Des moyens et des leviers afin d'être à la hauteur des responsabilités qui sont les siennes, au niveau de l'île, du Montréal métropolitain, du Québec et du Canada.

Attention par ailleurs ! Bien que leur collaboration soit essentielle, il ne faut pas attendre après nos deux gouvernements pour agir. Montréal doit prendre ses responsabilités. Bien planifier et gérer ce qui est prévisible et toujours continuer à bien faire ses devoirs.

Il faut pouvoir compter sur des arrondissements forts et autonomes. Montréal ne peut porter en son sein des arrondissements de 2e classe, cautionner l'iniquité fiscale ou une trop grande disparité dans la livraison des services aux citoyens.

Il nous faut moderniser l'administration municipale; remettre systématiquement en question nos façons de faire dans le but d'identifier et d'implanter les meilleures pratiques de gestion à tous les niveaux de l'administration.

Au-delà de notre engagement à dégager annuellement 35 millions $ d'économies au cours des 5 prochaines années, il nous faut tirer avantage de toutes les opportunités d'économies budgétaires récurrentes de moyen terme que suggère la synergie des ressources, à la fois des services municipaux et des arrondissements. Ces opportunités existent et je sais que nous ferons face à des choix et à des décisions déchirantes mais inévitables pour Réussir Montréal. Leur mise en œuvre progressive interpellera immanquablement tous les conseils d'arrondissement, quelle que soit leur allégeance politique. La concrétisation de ces nouvelles économies exigera leur pleine collaboration et coopération.

Il nous faut développer et favoriser, en partenariat avec nos employés, la mise en place d'une nouvelle culture organisationnelle faisant obstacle aux lourdeurs bureaucratiques, administratives ou opérationnelles. Nos employés municipaux et les syndicats qui les représentent sont des partenaires essentiels dans le processus d'édification de Montréal. Eux, comme vous, sont interpellés par l'objectif de Réussir Montréal.

J'ai personnellement confiance, en leur sens des responsabilités pour ériger une ville, des arrondissements et des services efficaces et efficients.

Lastly, the elected officials at all levels of government must nurture the concept of shared leadership. We must establish and nourish a new partnership with governments, and formulate a new modus operandi with the Quebec government based on recognition and respect for the roles and responsibilities of each and every one. The Quebec government must also acknowledge the fiscal imbalance with the municipalities. Clearly, an in-depth review of taxation is necessary.

We must diversify the municipalities' revenue sources so as to allow them to harness the new growth generated from economic activities. We must also examine the fiscal issue at the regional level so as to more equitably finance the metropolitan services and equipment.

Comme vous le constatez nous avons encore beaucoup de pain sur la planche.

C'est inspiré par cet environnement et cette vision du développement de Montréal et animé par l'intention «d'aller résolument de l'avant» que je déposais jeudi dernier, au nom de notre administration, les prévisions budgétaires 2003.

Tel que je vous le mentionnais plus tôt, la préparation du budget a demandé rigueur et discipline. Car nos moyens financiers sont et demeurent limités et qu'il faut faire avec ce que l'on en a en mains.

I would like to remind you of a few of the objectives and principles underlying the new budget. Among other things, we must:

  • take into consideration the fact that we have a new city to build and we must ensure Success for Montreal;
  • respect our legal obligations, and more specifically the harmonization of taxation across the territory;
  • limit the taxpayers' burden;
  • prioritize services for citizens and release the necessary funds to take action in our communities, and focus on establishing a better balance between the boroughs;
  • invest in priority projects while at the same time reducing the debt load on the overall budget.  

In this context, I sincerely believe that we have attained our main objectives and have respected our commitments to the public.

Pour l'exercice financier 2003, le budget s'élèvera à 3,682 milliards $, une majoration de 1,9 % comparativement à 2002. L'essentiel de cette hausse sera consacré à l'accroissement des services directs à la population.

De fait, les arrondissements verront leur dotation budgétaire majorée de
37,2 millions $, pour atteindre 913 millions $ en 2003, soit une augmentation de 4,2 % comparativement à 2002. Cela témoigne de notre ferme volonté d'offrir à la population les services de proximité de qualité et de bâtir Montréal sur des arrondissements forts et autonomes.

Au niveau de la fiscalité, comme le prévoit la loi , il nous faut continuer à harmoniser les politiques et les mesures fiscales sur le territoire tout en limitant l'augmentation maximale du compte de taxes au niveau établi par la loi. L'objectif est d'en arriver, au plus tard d'ici 2011, à un seul taux de taxe foncière générale.

Ainsi, dans le secteur résidentiel, la charge fiscale globale assumée par l'ensemble des contribuables, sera maintenue en 2003 au même niveau qu'en 2002.

Par ailleurs, des variations seront observées d'un arrondissement à l'autre jusqu'à l'atteinte d'un taux unique.

Néanmoins, plus de la moitié des comptes de taxes résidentiels bénéficiera d'une baisse en 2003. Dans les faits, 75 % de ces immeubles connaîtront globalement soit une baisse, un gel ou une variation inférieure au taux d'inflation anticipé à 2,1 %.

Au niveau du secteur non résidentiel, il n'y aura aucune hausse du fardeau fiscal global des contribuables en 2003. Plus encore, 50 % de ces immeubles connaîtront une baisse de taxes l'an prochain.

Cependant, comme vous le savez, notre administration a annoncé l'abolition de la taxe d'affaires qui était toujours perçue dans dix des anciennes municipalités, dont l'ex-ville de Montréal. Notre administration est très sensible aux réactions ainsi qu'aux impacts qu'entraînera l'application de cette mesure pour les propriétaires d'immeubles et la communauté d'affaires.

Certes, ce choix fut difficile. Mais il s'inscrit clairement dans l'ordre des choses. Parce que le secteur non résidentiel fait également partie du contexte de la création de la nouvelle ville de Montréal.

Parce que nous devons, là aussi, harmoniser les mesures fiscales et implanter un système uniforme de perception. Bien sûr, demeurait l'option d'étendre la taxe d'affaires à l'ensemble des
27 arrondissements. Toutefois, les tendances et les pratiques observées dans un grand nombre de municipalités, tant au Québec qu'au Canada, vont dans le sens contraire.

Pour atténuer les impacts temporaires de ce transfert, nous avons annoncé un certain nombre de mesures dont un programme de subvention visant à faciliter la transition vers ce nouveau régime fiscal.

Ce programme de dégrèvement permettra de compenser 100 % de toute hausse de taxes sur l'immeuble qui serait supérieure à 5 %. De plus, 75 % de la subvention sera immédiatement appliqué lors de l'envoi du compte de taxes. Résultat : 93 % des immeubles concernés, dont la valeur foncière est de moins de 5 millions $, seront automatiquement admissibles à ce programme dès que la hausse du compte de taxes de l'ensemble de l'immeuble dépassera 5 %.


De plus, après entente avec le gouvernement du Québec, les propriétaires pourront rouvrir les baux commerciaux à certaines conditions, et dans l'optique de récupérer uniquement l'équivalent de la taxe d'affaires.

J'ai pris bonne note, M. le président, de la suggestion de la Chambre de maintenir pour une période de trois ans les diverses mesures d'atténuation annoncées.

Enfin, au chapitre du Programme triennal d'immobilisations, plus de 1,5 milliard $ seront investis au cours des trois prochaines années, dont 556 millions $ dès 2003, à la modernisation ou à la mise en place de nouvelles infrastructures ou installations collectives. Tout en se préoccupant de notre service de la dette, «Réussir Montréal» comporte aussi l'obligation d'investir et de mettre à contribution le savoir-faire montréalais.

Conclusion

Voilà pour l'essentiel, les propos que je souhaitais vous adresser ce midi. Je conclurai ainsi.
Oui, Monsieur le Président, pour un exercice budgétaire plus excitant à l'avenir. Mais, soyons francs et réalistes. La préparation des prochains budgets demeurera toujours exigeante. Car nous n'aurons qu'un objectif en tête : Décider et agir aujourd'hui dans l'unique but de «Réussir Montréal». C'est notre engagement et notre mandat et notre équipe s'y consacre pleinement depuis novembre 2001.

Au cours des prochaines années, nous maintiendrons ce cap. Pour ce faire, nous continuerons à exercer le leadership politique nécessaire et nous prendrons les décisions qui s'imposent, même les plus difficiles.

Dans tous les cas, nous prendrons les moyens pour atténuer le plus possible les impacts de telles décisions et nous assurerons une période d'adaptation suffisante. Chose certaine, il faut aller résolument de l'avant.

Relever le défi de «Réussir Montréal» sera exigeant pour toutes les Montréalaises et tous les Montréalais. Parce qu'il sous-tend et comporte un important changement de culture.

Parce qu'il entraîne une révision collective et impromptue des façons de voir, de penser et d'agir. Mais il faut faire ce qu'il faut. Car, nous avons ici, comme communauté, comme société, une responsabilité et une obligation collective de résultats.

Les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain ont compris cette obligation d'élever la barre et d'adapter les comportements et le discours. D'ailleurs, tous ceux qui sont interpellés par le devenir de Montréal et, par là, du Québec, entre autres l'ensemble de nos partenaires métropolitains ainsi que les gouvernements du Québec et du Canada, devront en faire tout autant. Montréal doit trouver le sentier paisible de l'autonomie financière.

                                                         ***

Soyons tous simultanément et solidairement au rendez-vous pour Montréal.

Ensemble nous «Réussir Montréal».

Merci à tous de votre attention.